D’une humeur à m’exploser la gueule contre un mur, plongée dans le noir, les riffs à fond, protection d’une bulle imaginaire, la fuite comme possibilité, loin les engagements, le calme, préférer les tempêtes, avancer meurtrie, loin la sérénité au milieu des angoisses et du speed désirés, ricochet de souvenirs, blessures encore ouvertes, avoir mal pour se sentir vivante, (se) détruire pour se sentir vivre.
Dans la pénombre de mon univers, il n’y a pas de soleil. Les rayons n’y parviennent plus depuis longtemps. Je vis parmi les Lapins bleus, ils sont les gardiens de ma sécurité.
Le sang qui perle sur mes bras n’alimente plus ma vie. Mon cœur bat dans le vide. Ce corps que je mutile n’est pas mien. Il n’est que l’enveloppe de cette pâle existence. L’odeur du métal se mélange à l’adrénaline. La tension monte. Il faut l’apaiser. Et les tissus s’ouvrent offrant une vague d’un rouge pur. Et bat mon cœur au plus fort. Je respire comme au premier jour. Je me sens incroyablement bien. Je flotte. Loin…
« Les personnes touchées par l’automutilation représentent 0,2 à 2,4% de la population et sont principalement des filles (dans 67 à 97% des cas selon les études), adolescentes ou jeunes adultes. Malgré le nombre relativement élevé de personnes concernées, peu d’informations francophones pertinentes sont disponibles sur ce sujet.»
source : Wikipedia
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La tasse de café fumant, les Clash en fond musical suffisamment fort pour rythmer les peintres bossant au rez-de-chaussée. Je bouffe des crêpes, la pâte est bonne Mon Amour, tu es géniale ! Il y a des petits rien qui font boum au cœur. Boire une gorgée de kawa dans les brumes de vagues souvenirs d’alcool. Ma vie de débauchée alcoolique bourrée dix-huit heures sur vingt quatre me manque parfois. Effondrée, ivre, lobotomisée, dormir sans rêver, rêver les yeux grands ouverts la bouteille à la main, fuir ce monde qui m’effraie, utopie d’une société illusoire que j’ai frôlée au gré des alcools maison aromatisés à toutes ces plantes que je récoltais et préparais. Cette vie n’est pas si loin, elle sommeille toujours en moi. Tantôt elle se réveille. Je ne la rêve plus. Elle se matérialise. Un verre de jus de fruit à la main…
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Les mains au fond des poches, je lève la tête et la neige me tombe sur la gueule.
T’es belle tu sais !
C’que t’es belle !
Putain je vais BIEN !
J’aime … j’avais oublié ce…
Je découvre
Et demain je cesse d’avoir peur.
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Je suis partie sans leur dire au revoir.
Je ne savais pas comment faire.
Maladroite, j’ai laissé le silence répondre à ma place.
Aujourd’hui, de loin, je les vois se déchirer et ça me meurtrie.
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J’ai juste envie de gueuler très fort à m’exploser les cordes vocales.
Cette nuit, j’ai fait un putain de rêve qui m’a laissé comme un sale goût.
Je succombais aux avances d’une charmante jeune fille qui avait à peine la moitié de mon âge. [ Évènement qui au demeurant a déjà bien failli se produire. ] Mais ce qui m’emmerde avec ce rêve, ce n’est pas tant d’avoir baisé une mineure. Nan c’est juste d’avoir succombé. Et là, je me sens sale. C’est peut-être la première fois.
Et dans tout ce fracas, avoir peur. Peur de croiser des yeux lançant une invitation, succomber au charme d’une inconnue [ ou pas ]. Alors pour tout ça, j’ai peur de sortir ! J’ai peur de la tentation. J’ai peur de moi.
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Apprendre à gérer mes émotions, les situations.
Ne pas fuir… pour une fois.
Construire.
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D’habitude, je prépare mon sac. Je traverse la France pour rejoindre des potes, des amantes.
C’est le dernier soir ici. Et c’est long d’attendre.
La dernière fois que j’ai traversé la France avec mes cartons, je ne le faisais pas seule. Nous étions ce couple, bourré de rêves…
Demain, je pars et je m’installe là-bas, juste parce qu’il y a elle. Quand je pense à ça, je réalise à quel point je joue avec le feu.
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Tu vois, il y a des fois comme ça, je repartirai bien au fin fond de ma vallée avec mes chèvres.
Parce que là j’ai merdé grave. Ça me fout les boules et je ne supporte pas l’échec.
Et puis, c’est aujourd’hui aussi où je suis allée remuer des émotions perdues. Ça fait un bien monstre mais ça pince aussi.
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Mélange de tout
Quitter une ville pour retrouver celle que je n’aime pas.
Me retrouver dans ces murs et sentir toute l’angoisse monter.
Oui cette ville a été une étape importante. J’ai cessé de boire de l’alcool.
Mais ici, je ne me souviens que du moins bon, que de l’horreur, l’agonie.
Ici j’ai peur, je veux partir, m’exploser contre un mur.
Un mois que je n’avais pas mis les pieds ici. Je reviens juste le temps de faire les cartons et de clore définitivement ce chapitre. Un autre acte a commencé. J’en ai eu le préambule.
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Faire des trucs de vieux couple. Se découvrir. Passer d’une soirée cocooning sous le plaid devant la télé à des heures de dépravation. Mordre l’oreiller pour ne pas couvrir les gémissement provenant de la pièce voisine. Rire après la baise. Préparer de bons petits plats. Lui rendre ses journées de labeur agréables surtout quand elle rentre. Attiser les fantasmes et les réaliser. Me découvrir parfois jalouse. Regarder la jolie fille en vélo qui soutient mon regard pour la seconde fois. Oser rêver un petit peu. Une famille. L’enfant de celle que j’aime. Ma place sur la photo.
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