Mrs Dalloway

La vie n'est qu'une fiction autant en être l'auteure

Faut-il une raison ?

8 mars, 2010

Je suis femme parce qu’on m’a assignée comme telle.

Je suis lesbienne par choix et pas parce que :
je n’ai pas trouvé le bon mec.
quand j’avais six ans mon cousin plus âgé que moi mettait ses doigts dans mon sexe sans mon consentement.
tout le temps de mon adolescence mon grand oncle me regardait avec un air vicieux et collait sa main sur mes cuisses quand j’étais assise à ses côtés lors des repas de famille.
mon p’tit ami n’attendait pas toujours mon consentement pour m’enculer.

Comble, je suis aussi féministe, peut-être parce que :
toute petite je voyais bien les bleus sur les bras de ma grand-mère
ma mère me racontait les violences subies par sa mère et le jour où elle s’est interposée entre elle et son père.
mon autre grand-mère a toujours été matriarcale et pas sans raison.
tous les frères de ma mère battent leur femme.

La glande

5 mars, 2010

Totale !
J’ai enfin accroché une des guitares au mur. Oui je suis chez moi. Enfin.
Je m’éclate en grattant un ukulélé en buvant du schweppes agrume.
Il y a du soleil qui dessine des tâches flashes sur les murs blancs de l’appart. Appart d’apparence propret reflétant ma maniaquerie.
Hier soir, je baignais dans une atmosphère de gouines. Des lesbiennes. Des militantes, des féministes. De la bonne humeur. Des jeunes étudiantes et leur projet de docu. Parler d’identités. C’est quoi Lesbienne ? Une autre ne supporte pas ce terme et le prend pour une insulte. Elle préfère homosexuelLE… Prendre un verre dans l’un des rares bar où l’on peut fumer. Échanger des regards, oui je prends un coca, des mots sans mot, tout est dit, tout est compris. Oui j’aurais bien pris une bière, par habitude, la musique forte, la fumée, les discussions des tables voisines, les gars et les filles bourrées, oui c’est pour la vie.
La soirée se termine. Elles me raccompagnent en voiture. Je propose mon aide naturellement, militer ça me manque, les lesbiennes me manquent, les discussions sérieuses et les rires entre gouines.
Je rentre dans mon appart. Il y a de la lumière. Il y a Elle. Elle n’est pas encore couchée. Je la serre dans mes bras. Elle me manque aussi. J’ai peur de la routine. J’ai peur des nuits sans baiser. J’ai peur de la fatigue qui s’installe, de son stress, des tensions naissantes. Je prends sur moi. Je laisse une porte entre-ouverte, j’essaie de ne pas fuir, pas tout fermer, pas toujours facile…
Et ce week-end, je l’emmène dans mes terres natales.

Caricature…

3 mars, 2010

J’accompagnais Ma Belle, elle se rendait dans un quartier de la ville chercher ses légumes. Une fois par semaine, elle se rend là-bas; un groupe a réussi à monter une AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). Pendant qu’elle prépare sa récolte, façon de dire hein parce qu’en fait les légumes sont tous prêts dans des cagettes, et laver… même que les betteraves sont cuites ! Hum… Bref. J’écoute la discussion entre le maraîcher et une membre de l’Amap. Les terres du gars ont souffert de la tempête du week-end. Les serres sont broyées et les futures récoltes sont menacées. Bref tout le système de l’Amap est menacé si personne ne vient donner un coup de main. Et le gars-là, il se plaint parce que personne de l’Amap n’est venu lui filer un coup de main malgré sa demande. Alors la nana, elle lui propose son aide. Et là, il lui répond qu’il a besoin de bonhommes et qu’il ne voit pas à quoi elle servirait. Ma meuf, elle reste un peu soufflée. Et le gars se justifie. Parce que ce qu’il y a à faire c’est dur, aux femmes il veut bien leur filer les semis mais là c’est pas un taf de nana.
Donc le gars, ses serres il se les mettra profond et seul. Ma meuf vous expliquera que l’Amap est composée essentiellement de femmes et que leur bonhomme de mari/compagnon/whatever et ben il travaille tard et n’a pas le temps de filer un coup de main, par contre bouffer les légumes préparés par Madame… je m’égare.

Pause

3 mars, 2010

J’pourrais clore mes dossiers et pomper ce fichu Système. Ben j’y arrive pas. Je traîne. Tout traîne et s’empile sur le bureau, le canapé, la table. On bouffe entre les factures, les courriers pas traités, les programmes culturels, le journal du bio. Dehors il fait beau et j’ai envie de respirer l’air pollué. Regarder pousser les bourgeons, les voir pointer vert. J’ai pas envie de bosser.

Parce que je suis en colère.
Est-ce que femme est synonyme de colère ?
Comment ne pas l’être ?
Hier, je prends quelques heures et me balade à la médiathèque. Je parcours les rayons, livres, BD, CD, magazines. Je lis ce magazine auquel j’étais abonnée autrefois, Artpress pour ne pas le nommer. Je parcours quelques anciens numéros. Du mec, du gars, du vieux du jeune, on te ressert du Freud à la sauce XXIème siècle, on te parle du jeunot bientôt figure emblématique de l’Art contemporain qui suit fièrement ses pairs. Reprise du flambeau. Des femmes, il y en a plein les pages. Nues, déchirées, salies, fashion transfigurées, jambes écartées façon l’Origine revisitée, des Maries modernes, des jeunes, des vieilles… en images. Il n’y a quasiment qu’elles. Et comme auteures ? Artistes ? Putain, ils ont dû imposé le 1% femme-auteures. Une double page, huit auteurs, une femme. Et quand ils font enfin un papier sur unE artiste, ils te parlent de ses souffrances physiques, de sa dépression qui l’ont conduite sur les chemins d’une production artistique.
J’en ai marre, j’ai la rage.

Voilà où j’en suis.
Parce que j’ai besoin de trouver un sens
Inceste, mettre des mots dessus, inventer de nouvelles images
projet en cours…

Pleine lune

2 mars, 2010

Ouais, je pourrais danser nue au milieu d’un pré à l’occasion… Pourquoi pas ?
Là je parle à mes plantes d’appart et je sème virtuellement. Passionnant…
C’est pas comme si ça me manquait. Pas comme si.
Je me rends compte combien mes défauts caractéristiques ressurgissent.
J’ai compris comment plier les torchons bien trop tard.
La perspective d’une vie bien rangée et comblée me fait flipper. En fait, elle n’a rien de rangée.
J’ai besoin de parler en silence.

time of flashback #

2 mars, 2010

Ubuntu et Tiger côte à côte
Du café
De la musique
Mes guitares pas loin
ça démange, juste un peu.
Ça m’apaisait l’an passé. Je jouais dès le réveil, avant la douche, avant le taf.
Là j’ai peur. Quand je pense guitare, je pense bière.
- Tu ne bois pas de vin rouge… Tu ne bois pas d’alcool du tout ? 
- Non
- C’est parce que t’aimes pas ?
- … Honnêtement ? … C’est parce que j’aime trop ça !

Et là un blanc à table. Je me demande, je ne la connais pas cette meuf. Peut-être que je n’aurais pas dû répondre ça. Mon honnêteté la fout mal là. Toutes les meufs à table plongent leur regard dans leur assiette. Je rigole un peu. Je me sens mal. Putain, j’ai pas la répartie pour ça. Fallait pas poser cette question.
Plus tard dans la soirée. La même meuf.
- Mais tu ne fumes pas non plus. Tu as déjà fumé ?
- Oui.
- Et c’est aussi dur d’arrêter de fumer que d’arrêter l’alcool ?
- … c’est pareil.

Désolée, j’ai menti. J’ai été touchée que tu tentes cette approche. Mais ce n’était ni le lieu ni le moment, et je ne te connais pas. Et tu vois pour moi, c’est dur d’être au milieu de cette soirée, avec mes amies, ma meuf, les bières qui défilent…pas dans mes mains. Ce n’était pas le soir du Samaritain.

D’Est en Ouest

2 mars, 2010

J’en ai un peu marre de lire vos profils FB, parcourir vos blogs, rythmer mes journées au gré de FV. J’ai remis la télé même ! Ça devait faire partie du package « réinsertion dans le Système ».
J’me lève à 8h la plupart du temps. Je marche au café toute la journée. Je me gave de bonbons. De temps à autre, je bosse un peu quand même, histoire de me donner bonne conscience.
Ce week-end, j’ai retrouvé le goût que procure la traversée de la France. Dans ce sens, je ne l’avais pas encore fait. Je n’avais plus très envie d’y aller. Certaines allaient manquer à l’appel, là-bas et j’étais déçue. Et puis finalement, le plaisir immense de l’accueil des Chattes, ça fait très chaud au coeur. Et là je comprends pourquoi, peu importe les kilomètres ça fait un bien fou de les retrouver.

Demain : là !

26 février, 2010

Pour le 27 février, les Chattes Hurlantes t’ont concocté une chouette soirée. Avec Raymonde Howard, les Good Old Girls, Shin’Ki, Miss VanH, Alice + un docu « exceptionnel»  sur Patti Smith